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L’histoire du Cameroun

En 1472, les marins du Portugais Fernando Po entrent dans l’estuaire du Wouri, s’extasient devant l’abondance des crevettes dans le cours d’eau qu’ils appellent aussitot Rio dos Camaroes. Les marins anglais ont adopte ce nom a l’anglaise, d’ou le nom actuel de Cameroun. Apres les Portugais viennent les Neerlandais puis les Allemands. Apres les contacts avec les Europeens debutent des echanges commerciaux, y compris la traite negriere avec bien souvent la complicite des chefs de tribus du littoral, l’introduction du christianisme et le demantelement progressif de l’organisation politique existante (comme le Royaume Bamoun).

Au XVIIIe siecle arrivent les pasteurs peuls ou (Foulbe) venus de l’ouest et refoulent les Kirdis et les Massas de la plaine du Diamare, entre Logone et Benoue. Ils islamisent les plateaux du Sud. Leur chef, Ousmane dan Fodio, envoie son guerrier Adam islamiser les plateaux du Sud, rebaptise Adamaoua. Il est stoppe par le royaume Bamoun, l’islamisation du royaume Bamoun a passe sous l’impulsion du roi Njoya. Njoya est reste celebre pour l’alphabet compose d’ideogrammes qu’il a cree et pour la carte du pays qu’il avait fait etablir.

En 1884 c’est le debut de la colonisation allemande qui a commence avec la signature en juillet d’un traite entre le roi de Bell et Gustav Nachtigal. Le protectorat s’est etendu du lac Tchad au nord aux rives de la Sangha au sud-est. La ville de Buea au pied du mont Cameroun en devient la capitale avant d’etre destituee au profit de Douala en 1908. En 1911, un accord franco-allemand s’est etendu les possessions allemandes a certains territoires de l’Afrique equatoriale francaise. Apres la Premiere Guerre mondiale, pendant laquelle le Cameroun avait ete conquis par les forces franco-britanniques, la colonie allemande a ete partagee en deux territoires confies a la France (pour les quatre cinquiemes) et le restant au Royaume-Uni par des mandats de la Societe des Nations (SDN) en 1922.

Le Cameroun francais s’est rallie a la France libre en aout 1940. La majorite des camerounais eduques s’est rallie a la France libre, mais quelques camerounais germanophones etaient arretes et convaincus d’intelligence avec les allemands. En 1945, il est devenu un pays sous tutelle de l’ONU, qui remplacait la SDN. Malgre cela, il est devenu en 1946 un «territoire associe» de l’Union francaise. En 1948, Ruben Um Nyobe a fonde l’Union des populations du Cameroun (UPC), un mouvement nationaliste. L’UPC etait interdite apres les emeutes de Douala en mai 1955. Recherches par la police, des militants de l’UPC se sont refugies dans les forets, ou ils ont forme des maquis, ou au Cameroun britannique voisin. Les autorites francaises ont reprime ces evenements, en procedant notamment a des arrestations arbitraires.

L’insurrection a commence chez les bassa dans la nuit du 18 au 19 decembre 1956: plusieurs dizaines de personnalites hostiles a l’UPC etaient assassinees ou enlevees, des ponts, des lignes telephoniques et d’autres infrastructures etaient sabotees. Des unites de la garde camerounaise ont reprime violemment ces evenements ce qui a entraine le ralliement des paysans aux maquis. Les troupes se sont retire en mars 1957. Dans le meme temps, l’idee de l’independance du Cameroun a progresse en metropole. L’Assemblee territoriale etait elue au suffrage universel et avec un college unique pour la premiere fois en decembre 1956, et M’Bida a forme le premier gouvernement autonome en mai 1957; il a ete remplace par Ahmadou Ahidjo en fevrier 1958.

Le Cameroun francais a acquit son independance le premier janvier 1960 et il est devenu la Republique du Cameroun. L’annee suivante, la colonie britannique a ete divisee en deux apres un referendum d’autodetermination. Le Nord, principalement musulman, a choisi d’integrer le Nigeria. Quant au Sud, principalement chretien, il a choisi de rejoindre la Republique du Cameroun pour former la Republique federale du Cameroun. Le premier president du Cameroun est devenu Ahmadou Ahidjo – Peul musulman du Nord – qui etait Premier ministre depuis 1958.

Lors de son accession a l’independance, en 1960, le Cameroun s’etait dote d’une Constitution a vocation pluraliste qui prevoyait le multipartisme. Malgre la popularite de l’U.P.C. dans le pays, sa branche legale n’a pas obtenu que 8 sieges dans la nouvelle Assemblee nationale et a reste soumise aux tracasseries policieres du gouvernement d’Ahidjo, le nouveau president. Celui-ci a fini, six ans plus tard, par instaurer un regime de parti unique dans l’ex-Cameroun francais, le multipartisme a reste en vigueur dans l’ex-Cameroun anglais jusqu’en 1972.

En avril 1964, Mbida Marguerite va se presenter comme tete de liste du PDC aux elections legislatives d’avril 1964. Le PDC sera le seul parti politique a avoir ose se presenter a ces elections legislatives. Les leaders d’opinion camerounais de cette epoque sont tous soit en exil soit en prison. Les electeurs du PDC, refusant que leur soit volee la victoire electorale vont descendre dans la rue. Le gouvernement camerounais de 1964 fera descendre la gendarmerie dans les villages et les protestataires seront massivement deportes vers les camps de concentration tristement celebres de Mantoum, Tchollire et Mokolo. Le Cameroun d’Ahmadou Ahidjo a poursuit la lutte contre l’UPC et sa branche armee, l’ALNK. Il passe des accords de defense avec la France. De violentes emeutes ensanglanterent le pays Bamileke et la region Bassa.

En 1972, la republique federale a ete remplacee par un Etat unitaire. Ahmadou Ahidjo a remporte les elections de 1975 et 1980. Ce n’est qu’en novembre 1982 qu’il a demissionne pour «raisons de sante» (coup d’Etat) et ete remplace par son ancien Premier ministre, Paul Biya – chretien du Sud. Ahidjo a regrette son choix ulterieurement, et, a la suite d’un coup d’Etat manque de la part de ses partisans, il a ete contraint a l’exil en 1984. Le president Biya tente alors de remedier progressivement aux maux legues par son predecesseur en renouvelant totalement les cadres et les structures du parti unique, rebaptise en 1985 Rassemblement democratique du peuple camerounais. Neanmoins, des affrontements violents a Yaounde avaient mis aux prises etudiants et policiers des decembre 1987 et, la situation economique empirant, de nouveaux troubles sociaux eclaterent a partir de 1989. Le 3 decembre 1990, l’Assemblee nationale adopte une serie de lois destinees a controler la creation de nouveaux partis, alors que la Constitution prevoyait explicitement le multipartisme integral. Plusieurs partis «proches du pouvoir» se font ainsi reconnaitre sans problemes, mais la plupart des partis d’opposition, dans le pays ou en exil, refusent de cautionner ce «multipartisme sous controle».

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